L’Intelligence Artificielle dans le domaine de la Santé

Le domaine de la Santé est l’un de ceux qui attend le plus de l’Intelligence Artificielle, en termes de promesses mais aussi de respect des données.

Analyse sectorielle : les usages de l’IA en santé

IA et Santé – typologie des usages

En France, l’IA du secteur de la santé se place en 3ème position, derrière les télécommunications et l’industrie manufacturière.

Si l’Intelligence Artificielle trouve place désormais dans tous les secteurs d’activités, ses applications dans le secteur de la santé sont particulièrement attendues. Les enjeux sont colossaux, qu’ils soient médicaux ou économiques. Etude février 2019 (PDF).

Les données médicales sont devenues une ressource inestimable que ce soit pour la Recherche clinique, diagnostiquer une pathologie, assister les patients ou optimiser leur suivi médical.

Aujourd’hui, les systèmes d’IA apportent une aide précieuse dans différents domaines comme par exemple :

– l’aide au diagnostic grâce à sa capacité algorithmique de croiser des quantités considérables de données et ses possibilités d’analyser finement des images
– l’exploitation à grande échelle de données pour la Recherche : accélération des processus
– les applications et objets connectés permettent aux patients de mieux de s’impliquer dans leur prise en charge médicale et pour les soignants de faciliter la surveillance et le suivi du malade
– l’impression 3D pour réaliser rapidement des dispositifs médicaux
– la chirurgie robotique aide les praticiens dans des circonstances précises
– les outils de simulation permettent d’optimiser la formation des professionnels de santé

Un plan « HealthTech » et une agence publique dédiée à l’innovation en santé

 

Le Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) veut « faire de la France la première nation européenne en innovation en santé ». Il propose un plan « Innovation Santé 2030 », doté d’une enveloppe de 7 milliards d’euros. Il prévoit des mesures pour :
→ Relancer et consolider la politique de site de recherche biomédicale, par un soutien à la création de centres d’excellences (IHU) et de clusters de dimension mondiale
→ Soutenir des projets de recherche intégrés en santé
Développer les infrastructures de recherche biomédicale
→ Assurer la souveraineté de la France en recherche préclinique
→ Attirer ou maintenir en France les chercheurs de très haut niveau
→ Mettre en place de nouvelles formations pour accompagner les mutations de la recherche et des industries de santé

La création d’une agence dédiée à l’innovation en santé est également envisagée pour pallier la fragmentation de l’organisation actuelle avec diverses instances en charge des sujets concernés par le numérique dans la santé.

Quelques étapes de positionnement éthique

Juin 2021 : Rapport de l’OMS : premier rapport mondial sur l’intelligence artificielle appliquée à la santé

Le recours croissant à l’IA dans le domaine de la santé présente des opportunités et des défis pour les gouvernements, les prestataires et les communautés. Pour l’OMS « l’Intelligence Artificielle constitue un grand espoir pour améliorer la prestation des soins et la médecine dans le monde entier, mais à condition de placer l’éthique et les droits humains au cœur de sa conception, de son déploiement et de son utilisation ».

Elle publie le rapport “Ethics and governance of artificial intelligence for health” fruit de deux années de consultations menées par un groupe d’experts internationaux qui établit 6 principes pour que, dans tous les pays, l’IA œuvre dans l’intérêt public :

  • Protéger l’autonomie de l’être humain : il doit pouvoir rester maître des systèmes de soins de santé et des décisions médicales, la vie privée et la confidentialité doivent être protégées.
  • Promouvoir le bien-être et la sécurité des personnes ainsi que l’intérêt public.
  • Garantir la transparence, la clarté et l’intelligibilité des informations qui doivent être facilement accessibles pour permettre une consultation et un débat publics sur la conception de la technologie et sur l’utilisation qui doit ou non en être faite.
  • Encourager la responsabilité et l’obligation de rendre des comptes. Et si besoin permettre aux individus et aux groupes lésés par des décisions fondées sur des algorithmes de contester ces décisions et d’obtenir réparation.
  • Garantir l’inclusion et l’équité, encourager l’utilisation et l’accès équitables les plus larges possibles, indépendamment de l’âge, du sexe, du genre, des revenus, de la race, de l’origine ethnique.
  • Promouvoir une IA réactive et durable, s’assurer qu’elle répond de manière adéquate et appropriée aux attentes et besoins, faire en sorte qu’elle soit conçue pour réduire au minimum les conséquences environnementales.

Juin 2021 – Livre blanc sur l’éthique en e-santé de Sanofi

Sanofi a présenté un livre blanc intitulé « Innovation digitale en santé: l’éthique au cœur », qui regroupe notamment une charte éthique, un référentiel et une méthodologie d’évaluation éthique des solutions de santé numérique.

La charte repose sur quatre principes faisant référence au niveau international : la bienfaisance, l’autonomie, la non-malfaisance et la justice. Elle comporte des engagements reposant sur les principes de transparence, justice sociale, bienfaisance, explicabilité, et sur la protection des données telles qu’elle est portée par le RGPD (règlement général sur la protection des données).

Ce livre blanc évoque en conclusion le fait que la médecine se trouve confrontée à des révolutions : une révolution des pouvoirs, une révolution scientifique et une révolution éthique : « Traçage numérique, télémédecine, IA, place du design, privacy, application santé, par les bouleversements que des innovations opèrent, nous sommes confrontés à de nouvelles questions éthiques », d’autant plus que la pandémie mondiale de Covid-19 a accéléré la digitalisation du monde et en particulier celui de la santé.

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