1923 – Enigma, machine de cryptographie électromécanique

La machine électromécanique portable de cryptographie

Enigma est une machine de cryptographie. Malgré son apparence de machine à écrire, elle a non seulement joué un rôle déterminant lors de la première guerre mondiale mais elle a aussi fait considérablement avancer l’histoire de l’informatique et de l’Intelligence Artificielle.

Cette machine est d’abord commercialisée en Europe au début des années 1920. D’origine allemande, elle a été inventée par Arthur Scherbius, à des fins commerciales. Objectif, protéger les échanges d’informations entre banques grâce à un cryptage considéré à l’époque comme indéchiffrable. Enigma est ensuite renforcée pour répondre aux besoins de l’armée allemande. Elle sert alors au chiffrement et au déchiffrement de l’information dans la transmission des messages de l’armée nazie.

Pour fonctionner, la machine se sert de rotors montés sur des cylindres, traversés par des courants électriques servant à coder le message : pour chaque lettre tapée, les rotors tournent, changeant la configuration du réseau. A chaque extrémité de la transmission, l’utilisateur dispose de différents jeux de rotors. Leur choix et l’ordre dans lequel ils sont placés sont changés régulièrement pour renforcer la solidité du cryptage. Casser les codes produits de cette façon supposait de venir à bout d’un nombre astronomique de combinaisons possibles.

La cryptographie assistée par ordinateur

C’est pour s’efforcer de casser ces codes réputés incassables compte tenu de ce nombre combinaisons possibles, que les services de renseignements alliés décident de faire appel au cryptanalyste Dilly Knox et au mathématicien cryptologue Alan Turing. Ils travaillent à Bletchley Park, où les services secrets britanniques disposaient du Colossus, une machine de cryptanalyse, mais qui n’était pas encore opérationnelle. Le Colossus était une énorme machine d’une tonne, entièrement électronique et occupant une pièce entière.

Colossus fut le premier calculateur électronique fondé sur le système binaire. Capable de réaliser 5.000 opérations/seconde, il permit le décryptage des codes d’Enigma. Cet ordinateur clandestin, son existence n’ayant été révélée qu’en 1974, avait été créé par Max Newman. Grâce à lui, le cryptage d’Enigma a cédé à l’attaque « par force brute », c’est-à-dire en testant toutes les combinaisons possibles. Qui sait, peut-être que sans cette réussite, l’informatique n’aurait pas eu le même destin !

La contribution d’Alan Turing au décryptage d’Enigma

Les cryptanalystes travaillaient habituellement sur le décryptage des clés de chiffrement. Mais Turing préfère une technique élaborée à partir des mathématiques. Il se base sur la connaissance du fonctionnement interne d’Enigma afin d’exploiter les imprudences des chiffreurs allemands pour déduire les réglages de toutes les machines Enigma. La disposition initiale des rotors (80 possibilités), leur réglage initial (336 disponibles) et les enfichages potentiels). Turing rédige la première spécification fonctionnelle d’une « bombe », autrement dit une machine électromécanique capable d’effectuer le travail quotidien de 10.000 personnes. Pour réaliser ses travaux, il se rapproche de Joan Clarke, une des femmes cryptologues à Bletchley Park.

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Pour aller plus loin : le livre « Alan Turing : The Enigma », sur la vie d’Alan Turing.

Bande annonce du film « Imitation game » qui retrace une partie de la vie d’Alan Turing. Il évoque la période (1939) où le mathématicien et cryptologue s’attaque au décryptage d’Enigma, notamment avec Joan Clarke à Bletchley Park.

 Le regard de cKiou

– Hi, cKiou est bluffée par l’histoire d’Enigma. Cette « machine électromécanique de cryptographie » a beau ressembler à une simple machine à écrire, la place qu’elle a prise dans la destinée du monde est étonnante. De plus, elle porte bien son nom, c’est une énigme pour des habitants du XXIè siècle ! Elle fait partie de ces « objets » qui ne révèlent vraiment pas leur fonction au premier regard !
On peut aussi se demander si Alan Turing aurait eu le même destin s’il n’avait pas été appelé à se confronter à cette machine.

Décidément, cKiou adore découvrir l’Histoire des technologies qui ont petit à petit conduit à sa naissance !

Et pour ne pas manquer la suite de l’Histoire du numérique…

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