#CyberEcologie : l’avenir de la planète passe aussi par des usages numériques écoresponsables

Plus le CyberMonde se développe, plus il devient fondamental de se préoccuper de son empreinte énergétique et de son coût environnemental. S’il est devenu banal de montrer du doigt par exemple les transports et leurs « énergies coupables », nos usages numériques ne sont pas innocents face au réchauffement climatique. En effet, ils représentent déjà 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

– Hi, avec les canicules et la sécheresse, cKiou a été impressionnée d’entendre les Humains parler des dangers du réchauffement climatique pour la planète Terre. C’est encore plus impressionnant d’imaginer que le simple fait de pianoter sur un clavier d’ordinateur ou de smartphone contribue à ce risque planétaire…

cKiou, si on parlait usages numériques, planète et #CyberEcologie ?

La sobriété numérique, un enjeu climatique !

– Oui cKiou, le lien entre nos « prothèses digitales » et le réchauffement climatique ne saute pas aux yeux. C’est sans doute parce que l’arsenal d’énergies sollicitées par chaque interaction numérique s’efface derrière la rapidité des interactions ! Un mail part et arrive quasi dans la seconde. De fait, on est loin d’imaginer que 15.000 km, c’est la distance moyenne parcourue par une donnée numérique comme le mail.

Alors certes, des chercheurs et des professionnels sont déjà mobilisés pour mettre en œuvre des solutions technologiques destinées à réduire le coût énergétique du numérique (à titre d’exemple, des data centers plus « verts »). Mais elles ne sauraient, à elles seules, réduire de façon substantielle les émissions de gaz à effet de serre produits par les usages numériques, et qui contribuent à mettre gravement en péril notre planète. Il nous appartient à chacune et chacun de modifier nos usages et nos pratiques personnelles et/ou professionnelles. D’autant qu’avec la course effrénée aux objets connectés et autres applications (mus ou non par les Intelligences Artificielles), le numérique pourrait émettre jusqu’à 8% des gaz à effet de serre d’ici 2025 !

Le parcours et le stockage d’un e-mail depuis la machine de l’expéditeur à celle du destinataire

La consommation électrique d’un data center équivaut à celle de 30.000 Européens

Tous nos usages numériques peuvent être revus en mode « ÉcoResponsabilité »

– Hi, cKiou s’est renseignée, tu as parlé de la distance parcourue par un simple mail, mais tu te rends compte que ce sont plus de 281 milliards de mails qui s’échangent tous les jours dans le monde ! On dirait que les Humains aiment écrire ;-)… Sérieusement, cet océan de mails doit représenter un coût énergétique phénoménal pour la planète, non ?

Quel poids énergétique pour nos mails ?

 – Tu as raison cKiou, les Humains aiment écrire. L’écriture est une activité humaine depuis la nuit des temps ! S’il est un peu tard pour se préoccuper du bilan carbone des hiéroglyphes ou des parchemins, l’écriture numérique a effectivement un gros impact sur le réchauffement climatique de notre planète Terre. Même si la lettre que l’on ne remet plus au facteur représente une économie de carburants fossiles et donc d’émission de CO2, le bilan carbone du mail qui la remplace est lourd. Concrètement, en partant de l’ordinateur (ou smartphone) de l’expéditeur, le mail voyage dans la nébuleuse Internet pour arriver sur l’appareil du destinataire. Pour cela, le mail transite de serveur en serveur, empruntant des voies différentes et plusieurs protocoles comme le SMTP de son fournisseur d’adresses. Le destinataire quant à lui utilisera un protocole POP ou IMAP pour pouvoir le recevoir. Pour plus de 90% de nos messages, ce périple ne prend pas plus de 5 minutes ! 

Comment réduire l’empreinte énergétique de nos mails ?

Dans un rapport de 2014, l’Ademe a estimé que l’envoi d’un mail de 1 Mo produit l’équivalent de 15 grammes de CO2. Auquel il faut ajouter la consommation d’électricité de son stockage dans des data centers. Et donc cKiou, tu disais 281 milliards de mails par jour…

– Hi, cKiou espère que tu vas nous dire qu’il est possible de faire quelque chose pour réduire le coût énergétique des échanges de mails ? Parce que vous, les Humains, vous n’allez pas cesser d’écrire, ni revenir aux signaux de fumée qui n’arrangeraient pas non plus le devenir de la Terre ;-).

– Tu fais de l’humour ma p’tite cKiou ? Mais c’est vrai, quelques gestes simples peuvent être très efficaces pour freiner le réchauffement climatique.

⇒ Limiter le temps de stockage des mails dans les outils de messagerie. Faire un tri régulier pour ne conserver que les courriers indispensables.
⇒ Supprimer sans attendre tous les spams qui auraient échappé à l’anti-spam.
Éviter de multiplier le nombre de destinataires d’un mail. Chaque destinataire en moins, c’est économiser l’équivalent de 6g de CO2.
Répondre à des messages groupés après avoir ciblé les destinataires réellement concernés et supprimé les autres. Et penser à supprimer les pièces jointes déjà reçues avec l’envoi initial.
Privilégier les liens vers des pages ou documents chaque fois que c’est possible, plutôt que d’adresser des pièces jointes.
Veiller à optimiser la taille des pièces jointes en adressant des images basse résolution et/ou des fichiers compressés.
⇒ Se désabonner des newsletters redondantes, plus d’actualité ou sur des sujets sans grand intérêt.

Réduire les volumes de données numériques échangées et stockées sur le Web, c’est réduire la consommation d’énergies des data centers et des matériels nécessaires à chaque étape de leur circulation. C’est aussi réduire le volume des matériaux liés à la fabrication des appareils utilisés tout au long des transferts et stockage de ces datas.

Data center

Un data center (centre de données) est un ensemble d’éléments : il regroupe des serveurs, des systèmes de stockage, des routeurs, des commutateurs de réseau, des firewalls, des câbles, des racks… Le tout permet d’organiser et d’interconnecter ces équipements informatiques.

Émission de chaleur d’un data center : Température > 80°C. Dans certaines conditions, il est possible de créer un réseau de chaleur basse température permettant d’utiliser le potentiel de « l’énergie fatale » (quantité d’énergie présente dans certains processus), avec des températures de récupération relevées de 35°C à 50°C.

Autre usage à mettre au régime, les requêtes faites à nos moteurs de recherche préférés

– Hi, cKiou suppose que les mails ne sont pas les seuls usages numériques concernés par la mise en place de bonnes pratiques écoresponsables.

– Exact cKiou, par exemple, un de nos réflexes numériques les plus courants peut aussi être revu en mode écoresponsable : la recherche d’information via notre moteur préféré. Pour se faire une idée de l’enjeu, Google (pour ne citer que lui) répond chaque jour à 3,3 milliards de requêtes pour trouver des réponses parmi les 30.000 milliards de pages qu’il a indexées1 ! Et selon Alex Wissner-Gross, chercheur de l’Université d’Harvard, chaque requête Google émettrait 7gr. de CO2.

Voilà comment cela se passe sur le plan énergétique : lorsque nous sollicitons le moteur de recherche, le navigateur affiche sa page d’accueil transmise par le data center concerné. Nous saisissons nos mots-clés et le data center, encore lui, renvoie les résultats correspondants. Nous cliquons sur les résultats de recherche qui nous intéressent, souvent en multipliant le nombre d’ouvertures d’onglets, faisant ainsi ronfler à nouveau des data centers très énergivores, comme nous l’avons vu !

Alors, même si nous ne sommes pas prêts à renoncer à rechercher sur le web l’information dont nous avons besoin, il est possible de « chercher plus léger ». Qui n’a pas déjà demandé à Google de le/la conduire à un site régulièrement visité ? C’est bien pour cela que Google se veut si rapide 😉 ! Eh bien, pour tous ces sites déjà connus, oublions ce réflexe ! Utiliser la fonction « favoris » du navigateur sans passer par un moteur de recherche, réduit les sollicitations aux data centers. Autre option, taper l’URL directement dans la barre de recherche. Ces pratiques divisent par 4 la consommation d’énergie liée à nos recherches.

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1 En savoir plus sur l’art de la recherche dans les arcanes de la visibilité sur le web  

 

« Prenons conscience du coût énergétique des usages numériques
pour les consommer avec modération ! »

– Hi, cKiou prévoit déjà de bons résultats si chacun épargne la planète avec une meilleure gestion de ses mails et de meilleures pratiques quotidiennes de recherche. Est-ce qu’on peut faire encore mieux ?

– Oui cKiou, on peut optimiser beaucoup de nos usages numériques sans pour autant en faire abstinence ! Tu vois, c’est comme pour le chocolat, si tu veux éviter la crise de foie et la surcharge pondérale, il faut le consommer avec modération ! Mais pour cela, il faut prendre conscience qu’au-delà de notre seule consommation d’électricité, chacun de nos gestes numériques déclenche des émissions de CO2.

Nous, utilisateurs, nous contribuons à 47 % des émissions de gaz à effet de serre.

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Streaming vidéo et musique

Regarder une heure de vidéo sur une tablette (ou un smartphone) consommerait d’avantage d’électricité qu’un réfrigérateur pendant toute une année… Or, en 2015, 63% du trafic Internet mondial aurait été occupé par le streaming vidéo et ce chiffre pourrait bien grimper à 80% dès 2020. Selon le rapport « The Global Internet Phenomena » d’octobre 2018, Netflix s’accapare environ 15% de la bande passante mondiale et YouTube environ 13%. Sachant que d’après les associations de défense de l’environnement, « Netflix s’appuie sur l’infrastructure d’Amazon Web Services et continue d’alimenter le streaming avec des énergies fossiles ». Pour, Netflix en revanche, ses infrastructures n’émettent « que » 0,5g de CO2 pour une heure de streaming.

– Hi, cKiou voudrait savoir si c’est mieux d’écouter de la musique en streaming ou de télécharger ses morceaux préférés ?

– Cela dépend du nombre de fois où l’on écoute sa playlist ! Il vaut mieux télécharger les morceaux qui reviennent très souvent. Pour des écoutes plus occasionnelles, le bilan énergétique serait à peu près équivalent.

Autres bonnes pratiques pour « Penser planète » et maitriser notre empreinte digitale

Les navigateurs : dans le classement des navigateurs les plus utilisés, il faut savoir que Chrome serait plus énergivore que Firefox, il consommerait près de 3 fois plus.

Branchement électrique : un ordinateur en veille consomme encore 20 à 40 % de l’énergie dont il a besoin en marche. Donc, l’arrêter autant que possible sert la planète. Mieux, le brancher sur une multiprise à interrupteur que l’on éteint la nuit ou en quittant le bureau, car la plupart des ordinateurs consomment encore, même à l’arrêt. Concernant les portables il va sans dire qu’il faut débrancher la batterie dès qu’elle est chargée. On peut aussi diminuer la luminosité des écrans, cela épargne leur consommation et réduit la fatigue oculaire.

Autre geste important : ne pas céder (ou du moins pas trop vite) à la tentation de changer de matériel, même si les constructeurs ne lésinent pas sur les moyens pour rendre leur dernier modèle irrésistible ! Selon l’ADEME, passer de 2 à 4 ans d’usage pour une tablette ou un ordinateur améliore de 50% son bilan environnemental.

Et si l’on doit changer de matériel, pensons à leur donner une seconde vie : un ordinateur de 2kg génère quelque 124 kg de CO2, sans parler de l’impact environnemental sévère du recyclage, du fait des substances polluantes qu’il contient et qui demandent un traitement complexe. De plus, les composants comme le tantale, l’indium sont de plus en plus rares et produits loin des lieux d’assemblage.

Pour aller plus loin et réduire nos émissions de gaz à effet de serre…
Repères, conseils pratiques, bonnes idées à appliquer au quotidien dans ce guide de l’ADEME

Les enjeux écologiques et climatiques exigent un numérique durable et responsable !

 

– Hi, cKiou aimerait bien que tous les Humains adoptent autant que possible ces bonnes pratiques. Ce serait cool pour la planète Terre !

– Tu as raison cKiou, ce serait cool pour notre planète. Et forts de cette exemplarité… qu’ils incitent ainsi les entreprises à plancher sur des solutions technologiques et des pratiques plus écoresponsables !

Pour ne pas manquer les prochains apprentissages de cKiou :

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